Si t'as la flemme de lire ce qui suit, jette un œil à la catégorie dans laquelle j'ai classé ce billet. Tu comprendras vite.

Alors, Moscou, ça donne quoi ? Et bah ça pue de la gueule, surtout en hiver.
Qu'est-ce que je suis allé foutre là-bas ? Rejoindre ma copine et, surtout, visiter sa famille.

Autant le dire tout de suite, je vais généraliser un max', exagérer comme j'ai l'habitude de le faire et me décharger histoire d'être un peu plus zen. N'est-ce pas le but de l'exercice ?

C'est parti.
Je me tire le 25 décembre sans ouvrir mes cadeaux, de bon matin. Le mec qui prend le RER C à 6:00 du sbah.
Décollage vers 9:00 avec escale à Zurich. C'est archi-propre, ils n'ont pas volé leur réputation.

J'arrive à Moscou à 21:00, aéroport Domodedovo, la capitale en compte trois. C'est glacial mais je m'attendais à bien pire. Je tiens le choc, merci l'équipement du bro'. Ma copine étant originaire de Kazan, nous avions prévu de quitter Moscou dès le lendemain, via Domodedovo. Billets réservés, départ à 10:00. Nous nous présentons à l'enregistrement 45 minutes avant le départ, on se fait recaler.
Motif : nous aurions dû nous présenter une heure avant. Ok...on ne stresse pas. On nous propose un remboursement partiel des billets, genre 10 %. Le prochain vole part dans cinq heures. On achète, on patiente et on constate que les avions sont rares à partir direction Kazan depuis ce matin. Ils sont tous retardés (dont celui dans lequel nous devions partir initialement). Une heure avant le départ, notre vol est retardé, lui aussi. Plus d'informations dans trois heures mais en fin de compte, t'es juste reparti pour attendre plus longtemps. Nous patienterons ainsi jusqu'à 22:00 pour finalement apprendre que l'aéroport de Kazan se trouve en plein milieu d'une tempête de neige qui ne perd pas en intensité depuis le matin.
Nous décidons de nous faire rembourser nos billets.
Au passage, nous avons essayé d'avoir plus d'informations auprès du guichet de la compagnie aérienne, ils n'ont jamais évoqué la tempête, ils disaient ne rien savoir. Bien joué les gars. Avec du recul, on peut dire que c'est à l'image de la communication dans cette région du globe : des esquives, du vent, pas un gramme de vérité.

Le lendemain, départ prévu à 21:00 à Vnoukovo. Moins bordélique que Domodedovo, moins de peuple.
Bah vous savez quoi ? Cette fois-ci, ce n'est pas à l'enregistrement que nous nous sommes faits recaler mais à l'embarquement !
On progresse, dans un certain sens.
Motif : 6 minutes de retard. Un coup à se tirer une balle. Traverser la ville pour se faire rembarrer comme la veille, y'a de quoi péter un plomb.

On se prend des billets pour le lendemain. J'étais prêt à dormir sur place...

Vendredi, c'est la bonne !
Après la fameuse porte au niveau de laquelle on nous a refusé l'accès, on s'installe dans une navette et on attend, portes ouvertes, pendant 15 minutes.
Quand je repense aux six minutes de la veille...
Cette navette roulera sur la piste une bonne vingtaine de minutes pour nous larguer au pied d'un vieux coucou. Montée par le cul de l'engin, je commence à comprendre pourquoi le transport aérien national a si mauvaise réputation dans ce pays.

Arrivés à Kazan, premier constat : il a neigé.
Cinquante centimètres de neige.

Après quelques heures de repos, on se dirige vers le centre-ville. C'est charmant, bien plus que ce que j'ai pu voir de Moscou, à savoir pas grand chose.
Ça a vraiment de la gueule et c'est très bien entretenu. J'ai eu l'occasion de discuter avec un groupe d'étudiants qui s'exprimaient parfaitement en anglais. Ils confirment mes premières impressions concernant Moscou et m'encouragent à passer un maximum de temps à Kazan.

J'ai également pu échanger avec une étudiante en pétrochimie. Que de paradoxe dans son discours : savoir que le bled entier pue de la gueule mais rester sous couvert d'une fierté ridicule. Patriotisme ? Mouais...
Au final, cette fille sait pertinemment qu'elle ne rentabilisera jamais son diplôme dans son cher pays.
Je repartirai le lendemain au soir, en train.
C'est le début d'un autre sale moment. On s'installe dans notre cabine, je m'absente 3 minutes et quand je reviens, un type bourré se tient debout, en face de ma copine, se retourne et me fixe avec un regard vide. Au bout de quelques secondes, il me baragouine quelque chose en russe que je n'ai pas cherché à comprendre.
Le mec nous tiendra la jambe salement pendant une bonne heure. Le genre de mec bien lourd qui te sert la main toutes les dix minutes et qui reluque ta copine dès que l'occasion se présente.
Le comble : il veut nous faire un cadeau.
...des harengs fumés.
L'en-cu-lééé !

En quelques secondes, il a embaumé la cabine couvrant même l'odeur de ses bières.
On se couche, le type se barre en laissant ses affaires. On ne le reverra plus.
Le voyage aura duré onze heures dans des conditions de merde. Les Russes chauffent tout à fond : appartements, magasins et cabines de train.
Une vraie fournaise.

On rentre. Repos mérité.
Dimanche 30, on prépare le réveillon : la plupart des grandes enseignes sont françaises. Auchan, Leroy Merlin, Décathlon et plein d'autres.
Le 31, nous avons essayé de finir la soirée sur la Place Rouge. C'est sans compter sur le service de sécurité qui forme un cordon pour rediriger tout le monde vers le métro. Impressionnant : presque un flic pour un civil. Je n'ai jamais vu ça.
Et puis ces mecs ne sont pas là pour parler. Chez eux, le coup de pression, c'est purement physique, ça n'a rien de verbal.

Pour le reste, je visiterai une partie de Moscou. Ce que je constate, c'est que les Moscovites connaissent très mal leur ville. Un peu comme nous et Paris.
J'ai pu me balader sur la Place Rouge et trainer dans le centre-ville rempli de parvenus.
Ah, tiens, à ce sujet. Moscou, c'est LA ville du parvenu. Si tu veux en voir par paquet de douze, tu n'as qu'à aller au cinéma. Des mecs entre 30 et 40 ans avec une gonzesse ultra-sophistiquée au bout du bras. On m'avait prévenu : des amis saint-pétersbourgeois m'avaient décri Moscou, où l'on confond la classe et la vulgarité.
C'est flagrant, ça fait peur, ça dégoute.

Je repars le jeudi 3 janvier en passant sept heures à Francfort où il n'y a définitivement rien à faire.

Bilan Ce que je retiens :
J'aurai passé un nombre d'heures non négligeable dans deux aéroports de Moscou, une demi-journée dans un train.
Moscou, c'est crade, les Moscovites doivent avoir du sang de Parisien pour tirer une telle tronche (ou l'inverse).
Tout tourne autour de la thune, ça gave.
Les gens ne savent pas se tenir : tu t'en rends compte à chaque instant. Pas de manières, rien.
Kazan, c'est bien, j'aimerais bien y retourner.
La France, c'est bien.
Je suis traumatisé.

Mise à jour du 7 mars 2014 : ma copine est devenue ma femme depuis bientôt un an.