Chevelle - "Hats Off The Bull"
Ce qu'il y a de bien lorsqu'on zappe un groupe dont on a trop écouté la musique au point d'en être écœuré, c'est que lorsqu'on retombe par hasard sur leur page Wikipédia et qu'on apprend qu'ils ont sorti deux albums depuis la dernière fois qu'on les a entendus – et qu'il se trouve que ce sont deux très bons albums – on est tellement content qu'on apprécie de nouveau toute leur discographie. Musicalement, "Hats Off The Bull" est parfaitement interchangeable avec Vena Sera dont je vous avais déjà parlé il y a plusieurs années. Ce n'est pas un mal, au contraire : le son est dans la continuité de ce que le groupe fait depuis des années sans tomber dans la redite, les titres sont encore une fois bien équilibré sur l'ensemble de l'album... Vraiment, si on aime Chevelle on se sent comme à la maison. Une belle réussite.
Titres à retenir : Piñata, The Meddler, Envy, Indifference.

Cold - "Superfiction"
Cold est de retour d'entre les morts cette année. Après une séparation officielle en 2006 suivant la sortie d'un album désastreux ("A Different Kind of Pain"), le groupe s'est reformé courant 2009 et a finalement sorti les 50 doigts de son cul pour accoucher d'un nouvel album cette année. Après le traumatisme du dernier album, je ne vous cache pas que l'angle d'approche lors de l'écoute de "Superfiction" était relativement obtus. Eh bien figurez-vous que le résultat est plutôt pas mal : cet album n'est certes pas au niveau d'un "13 Ways to Bleed on Stage" ni de "Year of the Spider", mais l'ensemble est tout à fait écoutable. Je ne sais pas si c'est la méthode d'enregistrement qui a changé ou qui le fait que S. Ward force son timbre de voix mais le chant sonne différemment – et malheureusement pas pour le mieux –, néanmoins musicalement l'album m'a convaincu et mérite qu'on lui donne sa chance.
Titres à retenir : Wicked World, What Happens Now, The Break, The Crossroads, So Long June, Delivering The Saint, Dream On (reprise d'Aerosmith, dispo sur la version iTunes)

Evanescence - "Evanescence"
Mieux vaut tard que jamais, ce nouvel album éponyme d'Evanescence marque une très belle nouvelle étape dans la discographie d'Evanescence. Fidèle au son du groupe, il s'inscrit dans la lignée du précédent album "The Open Door". Les instrus cohérentes et le chant toujours aussi agréable – lorsque l'on aime.
Titres à retenir : My Heart Is Broken, Erase This, End Of The Deam, Oceans

Thrice - "Major/Minor"
Un nouvel album de Thrice, c'est un peu comme Noël quand j'étais môme. À l'approche de la date de sortie, on tient difficilement et on résiste très fort à l'idée de retourner la baraque pour trouver les cadeaux. En l'occurrence, j'ai résisté très fort à attendre la sortie officielle pour découvrir les titres de "Major/Minor", puis les p'tits gars ont été généreux et ont publié en streaming officiel un titre par jour avant le jour J. Et chaque jour fut une belle journée : encore une fois, Thrice défie les lois élémentaires de la physique quantique et nous gratifie d'une merveille musicale, ce qui linnet m'a fait remarquer à juste titre comme étant proche de la poésie. À comparer – blasphème ! – avec le reste de leur discographie, l'album est assez proche du précédent, "Beggars" : tous les titres sont admirablement équilibrés, allant du doux – Disarmed, Words In Water – au brutal – Yellow Belly, Blur – sans que cela semble inapproprié. On en veut encore, on n'y croit à peine encore après des dizaines d'écoute... Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, surtout les meilleures : le groupe a déclaré il y a quelques semaines un hiatus, et on ne sait que trop bien comment cela se termine généralement. Un de mes plus grands regrets sera de ne les avoir jamais vu jouer en live.
Titres à retenir : MAIS TOUS, BANDE D'ENCULÉS ! DEUX FOIS !

Trivium - "In Waves"
En lisant l'actualité musicale je vois passer des noms de groupes sans chercher à écouter ce qu'ont font de leurs dizaines de doigts. Et parfois, à l'annonce d'un nouvel album de l'un d'entre eux je décide de tenter l'aventure. Et parfois, ça donne des trucs de fous. "In Waves", le dernier album de Trivium, c'est un truc de fou. Un album de métal sombre et violent mais sans être inutilement bourrin. La voix est superbe, les instrus millimétrées... rien à jeter. J'ai tellement aimé que je me suis envoyé toute la discographie de Trivium, dont j'ai apprécié la plus grande partie. De temps en temps l'inconnu a du bon, et Trivium c'est du bon.
Titres à retenir : In Waves, Dusk Dismantled, Built To fall, Watch The Wold Burn, All Of These Yesterdays

As I Lay Dying - "Decas"
Pour célébrer leur dix ans d'existence As I Lay Dying a sorti cette année "Decas", un recueil de b-sides et reprises qui contrairement à ce que son titre laisse penser a de quoi vous tenir éveillé. Après un "The Powerless Rise" aussi bon que son prédécesseur, les titres compilés dans cet album sont également de très bonne facture et les reprises intéressantes – notamment celle de Hellion/Electric Eye de Judas Priest – et vous font passer un bon moment de headbanging en bonne et due forme. En plus, on ne le voit pas trop sur l'image ci-contre mais la pochette de l'album est brillante. Enough said.
Titres à retenir : Paralized, Hellion/Electric Eye, The Blinding Of False Light (Innerpartysystem Remix), Wrath Upon Ourselves (Benjamin Weinman Remix), Confined (Kelly "Carnage" Cairns Remix)

Disturbed - "The Lost Children"
Comme pour Decas de As I Lay Dying, l'album sorti par Disturbed cette année est en réalité une compilation de b-sides accumulées pendant ces dernières années, dont certaines ont figuré sur des version limitées ou spéciales de certains de leurs albums. Et comme pour "Decas" de As I Lay Dying, on ne leur en voudra pas trop d'avoir joué la facilité car 1) c'est quand même moins cheap qu'un best of et 2) il est vraiment très bien, ce recueil de b-sides. À l'écoute de ces titres on ressent la même progression qu'au travers des albums de la discographie de Disturbed, et on s'amuse même à essayer de deviner à l'époque de quel album telle chanson a été composée en fonction de son style et son. Tout n'est pas excellent, mais en tant que fanboy j'y ai trouvé mon compte.
Titres à retenir : Hell, This Moment, Old Friend, Run, Parasite, Dehumanized, Midlife Crisis

Limp Bizkit - "Golden Cobra"
Limp Bizkit, c'est un peu Santa Barbara : départ du guitariste (co-fondateur du groupe) puis retour et enfin re-départ agrémentés de règlement de comptes avec Durst par interviews interposées. Après avoir eu son heure de gloire lors de l'avènement du nu metal dans les 90s, le groupe a comme l'essentiel des représentants du genre sombré dans l'oubli et surnagé à l'aide de disques tout juste poussifs. Le guitariste emblématique du groupe Wes Borland ayant fini par réintégrer le groupe et le frontman Fred Durst ayant fait buzzer la sauce depuis plusieurs années quand au fameux disque qui signerait le retour du "grand" Limp Bizkit, le peu de fans restants – dont moi – attendaient d'entendre le résultat avec un mélange d'espoir et de résignation. Eh bien force est de constater que contre toute attente, le pari est réussi : "Gold Cobra" est effectivement le digne successeur de "Chocolate Starfish And The Hot Dog Flavored Water" sorti en 2001. Tout y est : mêmes lyrics foireux, même son avec des gros bouts de riffs 100% Borland, même rythmique assommante... Vraiment, on se croirait de retour au lycée. Le problème, c'est que je n'y suis plus au lycée et que je ne porte (presque) plus de baggies et donc ce disque ne m'émeut pas plus que ça, malgré de réels bons titres. Au moins, on peut dire de Limp Bizkit qu'ils ont réellement réussi leur retour aux sources, contrairement à Korn qui enchaine les FAILs depuis "Untouchables".
Titres à retenir : Gold Cobra, Walking Away, Autotunage

The Black Keys - "El Camino"
Ce nouvel album du duo The Black Keys est une belle réussite : résolument plus rock voire pop que le précédent, le tout a de sérieux arguments pour vous mettre la cheupé. La plupart des titres sont entrainants et vous donneront envie de danser comme dans le clip du premier single Lonely Boy.
Titres à retenir : Lonely Boy, Gold On The Ceiling, Little Black Submarines, Money Maker, Run Right Back, Sister, Mind Eraser

The Living End - "The Ending Is Just The Beginning Repeating""
S'il est des groupes tels que Thrice dont l'évolution au cours des années a été impressionnante de diversité tout en gardant une cohérence subtile, il est en d'autres pour lesquels on se demande tout bonnement ce qu'ils foutent tant ils ont du mal à se renouveler. The Living End fait manifestement partie de cette dernière catégorie, car l'écoute de leur dernier album ne m'a vraiment rien évoqué de particulièrement intéressant. Pas que l'album soit mauvais, mais rien ne décolle réellement... À défaut d'un revirement de situation, il est probable que je lâche l'affaire pour les prochains albums de TLE.
Titres à retenir : Heatwave, Machine Gun... et encore, en se forçant un peu.

Sidilarsen - "Machine Rouge""
Les toulousains de Sidilarsen sont de retour, ça fait toujours plaisir. J'ai trouvé ce nouvel album très bon, bien qu'un poil en deçà du précédent si je devais chipolater. "Machine Rouge" embarque cependant une bonne cargaison de titres au son marqué de la signature du groupe qui confirme leur talent dans le metal indus, qui tend à être de moins en moins tempéré de sons électroniques. Encore une belle étape franchie par Sidi, en leur souhaitant qu'il y en ait d'autres !
Titres à retenir : Le meilleur est à venir, Back To Basics, À ton égo, Offensifs, Absolu, Samira

Foo Fighters - "Wasting Light""
Après un "Echoes, Silence, Patience & Grace" plus que mou de genou, Les Foo Fighters nous reviennent en 2011 en forme olympique avec un album qui envoie du lourd de chez lourd. Exit les ballades mielleuses, on revient au niveau de la période "One By One" avec du wocknwoll rapide et épais.
Titres à retenir : Bridge Burning, Dear Rosemary, White Limo, Arlandria, A Matter Of Time, I Should Have Known

Rise Against - "Endgame"
Le nouvel album de Rise Against se place de manière logique dans leur discographie : pas de révolution majeure du style ni du son, mais les titres restent efficaces et le tout forme un ensemble cohérent et plaisant pour les amateurs du groupe.
Titres à retenir : Make It Stop (September's Children), Disparity By Design, Satellite, Survivor's Guilt, Broken Mirrors, Wait For Me, A Gentlemen's Coup, Endgame

Staind - "Staind"
Ce que j'ai dit de Chevelle un peu plus tôt dans ce billet est applicable à l'identique pour Staind. J'ai négligemment ignoré ce groupe depuis des années : déçu par "14 Shades Of Grey" après avoir sur-écouté "Break The Cycle" pendant des années, j'avais complètement fait l'impasse sur l'album suivant "The Illusion Of Progress" et c'est par hasard que j'ai lu l'annonce de la sortie cette année d'un nouvel album éponyme. C'est ainsi par curiosité que j'ai tenté un écoute, et j'ai été plus qu'agréablement surpris au point de me remettre à écouter toute la discographie du groupe et à (re)découvrir des pépites. Le style musical s'est nettement perfectionné : Mike Mushok a manifestement retrouvé le manuel d'utilisation de ses dix doigts et son jeu de guitare s'est enrichi de solos tout à fait corrects, la voix de Aaron Lewis est toujours aussi versatile et impressionnante de maitrise. Ce dernier album est une vrai réussite, conclu par une magnifique ballade cosmico-déprimante.
Titres à retenir : Wannabe (feat. Snoop Dogg), Take A Breath, The Bottom, Now, Paper Wings, Something To Remind You

Black Label Society - "The Song Remains Not The Same"
BLS nous gratifie d'une bien belle collection de reprises semi-acoustiques de leur propre répertoire : le son y est bien moins metal, l'occasion de se souvenir de Zakk Wylde possède – outre d'un putain de talent de guitariste – une très belle voix.
Titres à retenir : Parade Of The Dead, Riders Of The Damned, Darkest Days, Junior Eyes, Bridge Over Troubled Water, Can't Find My Way Home, ''

Shaka Ponk - "The Geeks And The Jerkin' Socks""
J'avais pensé vous parler de cet album dans le cadre des sympathiques découvertes que j'ai faites cette année, mais après écoute de leur discographie il n'y a réellement que cet album – sorti cette année, le hasard fait bien les choses - que j'ai aimé. "The Geeks And The Jerkin' Socks" est un patchwork de pop-punk-rock barré qui ne peut que vous mettre de bonne humeur.
Titres à retenir : "Let's Bang", "I'm Picky", "Brunette Localicious", "My Name Is Stain", "Shiza Radio", "Dancing Dead", "Palabra Mi Amor"

Catégorie "Découvertes qui butent" :

Little Hurricane, un duo qui dépote un merveilleux blue-rock minimaliste. Je vous recommande chaudement leur album "Homewrecker", et d'ici là faites-vous une opinion avec ces quelques vidéos sur Youtube (ne ratez surtout pas Superblues en live @Wilcox sessions).

The Qemists, découvert grâce au film Blitz. Un mix de The Prodigy et de Pendulum quand ils ne font pas de la soupe... Ça tabasse dur avec des featurings et des remixes dans tous les sens.

Sealight, découvert via Knuckle Duster. Parce qu'il faut un peu de tendresse dans ce monde de brutes.

Catégorie "OST de films qui claquent"

  • Drive
  • Black Swan (sorti en 2010 mais taggle je fais ce que je veux c'est mon blog)
  • In Time
  • Horrible Bosses
  • Hanna
  • X-Men: First Class
  • The Girl With The Dragon Tattoo

Catégorie "HO HEEEELLLL NOOOO!!!" :

Arctic Monkeys - "Suck It And See" : Ah ben non, ils n'ont toujours pas retrouvé leur couilles. De la soupe merdique comme sur Humbug. Le bon coté des choses, c'est que ça rend leur précédents albums encore meilleurs.

Dredg - "Chuckles And Mr. Squeezy" : WTF Dredg, WADEFUQ?! Mais qu'est-ce que c'est que ce tas de merde sans aucun sens ?! Un tas de pseudo ballades foireuses qui ne valent rien musicalement, impardonnable quand on connait le potentiel créatif du groupe.

Incubus - "If Not Now, When?" Dans la série des groupes qui ont eu leur heure de gloire dans les 90s, Incubus est celui qui avait le plus de chances de survivre grâce à une évolution qui s'annonçait prometteuse depuis "A Crow Left Of The Murder" suivi de "Light Grenades" qui, bien qu'un peu moins évident a néanmoins un très bon potentiel. Mais ÇA, c'est le signe qu'il faut arrêter tout de suite. Ou avant, du coup.

Empyr - "Unicorn" À l'heure du virage souvent fatal qu'est le second album dans la carrière d'un groupe, Empyr vient de faire un magistral tout droit dans le mur. "Unicorn" est un étron fumant dépourvu de toute identité musicale, rien à sauver.

Korn - "The Path Of Totality" Au jeu de la remise en question, Korn fait désormais figure de musée des horreurs. De daube en étron à chaque nouvelle tentative, la dernière en date a au moins le mérite de ne pas promettre le sempiternel retour aux sources : l'album a été co-composé et réalisé en collaboration avec les "pointures" du dubstep ricain, et bien que certains soient clairement digne d’intérêt tous les titres n'ont clairement pas la même qualité et l'ensemble est décousu. À la limite, que ce disque soit sorti sous un autre nom que Korn aurait pu tenter d'expliquer le virage soudain, mais au lieu de ça le groupe s'enterre un peu plus dans le ridicule en expliquant qu'ils ont inventé le dubstep (véridique). Triste monde tragique.

À venir :

  • Enter Shikari - "A Flash Flood Of Colour"
  • Headcharger - "Slow Motion Disease"
  • Lostprophets - "Weapons"
  • The Used - "Vulnerable"
  • Muse - ?
  • A Perfect Circle - ?
  • Black Light Burns - "The Moment In Which..."