Dans les grosses news, je ne peux pas passer à coté de mon ô-combien nécessaire changement de job, suivi quelques mois plus tard d'un revirement de situation qui fait de moi le chef de mon équipe avant l'heure. Voici maintenant deux mois que je suis manager à plein temps, et mon constat — bien que forcément prématuré — est plutôt négatif : je n'aime pas ce que je fais... pas pour le moment. J'ai accepté ce poste parce que 1) personne d'autre n'en voulait dans l'équipe, bien que dernier arrivé et l'un des plus jeunes, 2) étant donné le contexte dans lequel s'est passé la transition cela arrangeait tout le monde que je prenne la relève immédiatement et que 3) je serais vraiment le dernier des cons de passer à coté d'une telle opportunité d'évolution.

Néanmoins, je vis à présent ce que j'imaginais ne pas être amené à faire avant au moins cinq à dix ans : gérer le planning d'une équipe, réaliser des budgets, assister à des réunions mal tenues quand elles ne sont pas inutiles, faire passer les entretiens annuels des gars de mon équipe, de réfléchir à comment formuler ce que l'on pense pour ne pas (trop) choquer. Du jour au lendemain, j'ai l'impression de ne plus faire le même métier. Habitué depuis des années à avoir les mains dans le cambouis, à travailler entre tâcherons de la technique et de pisser de la ligne de commande à longueur de journée, à réfléchir de manière monotâche (une tâche, puis une autre lorsque la précédente est terminée, puis encore une autre)... bref, à être un sysadmin, je n'ai pas du tout la mentalité d'un manager calculateur qui anticipe tout le taff et toutes les merdes à gérer, qui délègue like a boss pour ne plus avoir qu'a jeter un œil satisfait à l'overview de supervision vierge et aux statistiques de traitement des tickets en sirotant son café le matin. Ma réalité, c'est d'avoir du mal à dormir le soir parce que trop en flippe que la plateforme s'écroule lendemain et qu'on me pointe du doigt. De savoir que je vais passer ma journée à planifier ce que les gars de mon équipe vont faire au lieu de faire moi-même ; pas que je sois control freak — juste l'amour du travail bien fait —, mais j'ai essayé pendant les premiers jours de faire de continuer de faire le boulot de sysadmin et de chef d'une équipe de sysadmins en même temps... Impossible. J'ai dû me résigner à ce qu'on m'avait conseiller : déléguer, puis bêtement contrôler que le travail a été bien fait — ce qui est très généralement le cas, en plus : cela ressemble à une bénédiction ne rend mon job que moins intéressant.

Allez, maintenant que j'ai réussi à vous extirper une larme il faut reconnaitre que cette fonction à tout de même des aspects intéressants : outre un salaire significativement plus élevé — à hauteur des responsabilités à porter —, j'ai le pouvoir de faire les choses bien : donner des orientations techniques durables, veiller à ce que la plateforme évolue de manière propre et maitrisée. Je pourrais bêtement imposer mes choix techniques et exiger des gars qu'ils implémentent tel quel ce que je leur demande, mais c'est très exactement l'inverse que je souhaite faire : profiter que mes gars aient un minimum de tronche pour qu'ils proposent des idées et des méthodes qui contribuent à améliorer la stabilité et l'exploitabilité du bordel, quitte à mon contredire.
De plus, savoir qu'on peut compter sur son sysadmin favori maitrisant l'art subtil de l'ouverture de futs de Despé' à l'aide d'une pince à dénuder et d'un sombrero mexicain, ça vous génère de la sérénité en quantité industrielle.

Rien à voir, mais cet été j'ai passé et obtenu le permis de conduire moto : le bro', voyant son code expirer dans moins d'un an, m'a proposé de m'inscrire avec lui dans une moto-école. Le tout s'est fait rapidement, j'ai passé la redoutée et redoutable épreuve du plateau pile un mois après m'être inscrit et j'ai obtenu mon permis après avoir passé la seconde épreuve en circulation — avec des températures hivernales, on se rend rapidement compte des inconvénients de ce moyen de transport. Paradoxe, c'est lorsqu'il est le moins pratique et le plus risqué de conduire une moto qu'on trouve les meilleures occasions à vendre du coté des particuliers : j'ai eu la chance de tomber sur une annonce pour une Suzuki SV650 de 2007 en excellent état avec moins de 9000 bornes au compteur, voyez plutôt :


J'ai obtenu la bête pour 4000 euros après négociation, que j'ai financé en partie avec un prêt et en vendant mes instruments de musique, ce qui me permet d'aborder le fait que tire un trait définitif sur ma non-carrière de rock-star. Je n'ai pas revendu ma batterie électronique, en revanche j'ai arrêté de prendre des cours de batterie par manque de temps et manque de motivation.

Coté geekerie, je n'y suis pas allé très fort cette année : j'ai profité de flinguertoucher mon solde de tout compte suite à mon changement d'employeur pour remplacer mon Macbook Pro 17" de 2007 par un Macbook Pro 15" flambant neuf édition 2010. Après une brève incursion dans le monde Android, je suis finalement revenu à l'iPhone : mon employeur me fournit un iPhone 4 de fonction. On a la classe ou on ne l'a pas, hein.

Enfin et parce qu'il ne s'agit pas que de moi je salue avec joie l'arrivée de l’Innommable à la capitale, qui a eu le bon goût de s'installer pile entre chez cette raclure de SantX et chez moi, ce qui fait de son salo[o]n un Q.G. de première classe. Mention spéciale à joxer et sa femme qui ont eu la chance de s'envoler pour Pedobear land pour deux ans, avec un peu de motivation et beaucoup de thune on passera peut-être leur rendre visite sur place ;)

Hasta luego et à l'année prochaine si le cœur vous en dit !