La toute première impression qui m'est venue lorsque j'ai sorti le smartphone de sa boite, c'est la finition : j'avais de nouveau l'impression de tenir un banal téléphone dans la main, du calibre de ceux que j'ai pu posséder pré-iPhone. Malgré tous les efforts des constructeurs de téléphones et d'appareils électroniques de manière générale pour se tenir au niveau d'Apple, le constat est sans appel : ils sont encore à la ramasse. Le Desire est un appareil très bien fini, mais on est encore à des années-lumière d'un iPhone, et encore plus d'un iPhone 4.
Physiquement, le Desire est une copie conforme du "Google phone" — le fameux Nexus One — et pour cause, les deux appareils sont fabriqués par HTC. Une des seules différences est que le Desire dispose de quelques boutons physiques et d'un "joystick" de navigation optique tandis que le Nexus One possède uniquement une trackball. Il est difficile de revenir à l'utilisation de boutons physiques sur l'appareil après avoir habituel à du "tout tactile" pendant plus d'un an, d'autant plus que certaines fonctionnalités ne sont accessibles que via ces boutons. Pour le reste, il possède à l'instar de l'iPhone un bouton "power" qui permet de passer l'écran en veille et de deux boutons de volume sur la tranche de l'appareil. Pour conclure sur l'aspect physique, le Desire est environ un a deux millimètres plus grand et plus fin que l'iPhone 3G S.

Une fois mon périple de dé-SIMlock/flashage/réinstallation de ROM propre terminé, j'ai pu faire connaissance avec Android, le système d'exploitation pour smartphones et tablettes développé par Google et sa clique de l'Open Handset Alliance — dont sont membres notamment HTC, Sony Ericsson, Motorola, Samsung, LG, Dell, Intel et Nvidia... en gros, tout le monde sauf Apple, Microsoft et RIM (Blackberry). Ou plutôt, j'ai fait connaissance avec HTC Sense, l'interface tchoupi-kikoolol stackée sur l'interface graphique Android qui consiste en un fatras d'effets graphiques et de widgets en tous genres censés rendre le téléphone plus "personnel" comme y disent. Lorsque comme moi vous n'en avez rien à foutre de Facebook et Twitter, l’utilité de la chose devient vite discutable. Reste qu'elle apporte des fonctionnalités utiles mais pas révolutionnaires, telles que les écrans virtuels façon Exposé sous Mac OS X ou encore des widgets pour accéder à certains settings du système comme l'activation du WiFi ; les widgets permettant de consulter les SMS, les e-mails, l'agenda ou encore de contrôler le lecteur MP3 sont également appréciables.

L'ergonomie des fonctionnalités de base (téléphone, gestion des contacts, SMS) du Desire a encore été pour moi un bon retour dans le passé : j'ai le sentiment d'être de retour sur un téléphone qui se prend pour un smartphone, et pas un appareil dont l'interface graphique a fait l'objet de sérieuses recherches en ergonomie comme l'iOS d'Apple. Point en faveur d'Android : le clavier virtuel est bien mieux conçu que celui de l'iOS, le correcteur orthographique est plus souple et permet d'enregistrer des mots inconnus, il en résulte qu'on fait moins de fautes de frappe et qu'on se fait moins souvent "corriger" à tort et à travers.

J'en viens maintenant à une considération plus gobale de l'interface graphique d'Android face à celle de l'iPhone OS, qui est malheureusement exactement la même que lorsque je compare une UI d'une distribution Linux orientée "desktop" face à Mac OS X : à vouloir être aussi beau voire plus que la concurrence, ils tombent dans l'excès et le résultat penche vers le ridicule. Ce n'est pas totalement moche, mais c'est tout sauf classieux. Pour faire une analogie que vous comprendrez tous, ce serait comme une fille naturellement belle qui se maquille légèrement pour accentuer ses points forts et une autre qui se maquille à la truelle pour "faire belle" : objectivement, elle ressemble à une pute au rabais.

Autre défaut, qui est directement lié au modèle pseudo-ouvert du marché des applications tierce-partie disponibles sur la plateforme Android par comparaison au modèle totalitaire de l'AppStore d'Apple : l'Android Market est un vrai foutoir. S'y côtoient le pire et le meilleur des apps, mais ce qui m'agace déjà est l'absence de cohésion graphique parmi les applications, et peu importe si elles sont effectivement bien codées, certaines sont des injures aux bonnes pratiques de conception d'UI. Pire : certaines applications sont un aveu d'échec, à l'image de bTunes, qui n'est autre qu'un lecteur multimédia repompant littéralement l'interface de l'iPod — et mal, en plus. Au point où on en est, je vais éviter de vous parler des jeux disponibles pour Android, hein...

Bref, à ce jour vous aurez compris que je ne suis pas franchement satisfait de mon investissement à l'heure où j'écris ce billet. Pour autant, je ne sais pas si c'est parce que j'ai été habitué à la qualité d'un système — qui a bien des défauts, je ne le nie pas — réellement bien pensé et bien mieux réalisé sur nombre de points que je viens de mentionner et qu'il me faudra un peu de temps pour me défaire de mes habitudes d'iPhoneux, ou si HTC et Android n'ont juste pas le niveau pour tenir la dragée haute à l'iPhone.

Pour être honnête, j'hésite encore à le revendre et revenir sur iPhone. Affaire à suivre...