The Shield, pour reprendre les mots d'un ancien collègue qui m'avait pitché la série, c'est l'histoire de flics véreux qui tentent de rattraper leurs conneries en faisant d'autres conneries encore plus grosses. J'ai découvert la série française Braquo quelques mois auparavant, série qui m'avait pourtant bien laissé sur le fion sur le moment : au bout d'une poignée d'épisodes de The Shield, vous réalisez en fait que dans le rayon des fictions policières sombres et obscures Braquo ne joue même pas dans le petit bain mais juste dans le pédiluve.[1]

Sept saisons, c'est long. Même pas le courage d'essayer de vous spoiler en tentant de vous les résumer. La fin m'a totalement pris à contre-pied, là où je m'attendais à un final FUBAResque Shawn Ryan — le créateur et scénariste de la série — a refermé le livre de manière moins brutale que l'avant-dernier épisode le laissait présager, mais pas sans dommages.
Pas de final showdown aux gunfights interminables : les émotions qui se dégagent des nombreux plans fixes sur les personnages — toujours magistralement interprétés — pris au piège des cercles vicieux de leurs propres saloperies vous prennent beaucoup plus aux tripes.

Rarement vu une série aussi bien tenue de bout en bout, avec un équilibre parfait entre tous les protagonistes : je vous recommande vivement l'investissement dans le coffret intégral, The Shield est une série comme on en voit au mieux une fois toutes les décades.

Notes

[1] Le pédiluve, c'est le petit bac dans lequel tu trempes tes petons avant de rentrer dans la piscine : tu piges la métaphore maintenant, nain culte ?