Meh
Posté par Gore le mercredi 5 mai 2010, 23:34
Meh, c'est l'interjection qui résume bien mon ressenti de la culture dans laquelle je baigne actuellement. Jeux vidéo, films, livres, loisirs (photo, sport, pratique musicale)... rien ne me captive plus vraiment, du moins plus autant qu'avant. Avant quoi ? C'est justement ça que je me demande.
Je me rappelle encore clairement de moi il y a plusieurs années, entre 14 et 18 ans : des films que je connaissais par cœur, une passion dévorante pour les comics et mangas, des jeux vidéo sur lesquels je ne comptais même plus les heures passées. Aujourd'hui je n'arrive plus à me plonger dans un univers, alors qu'il y a quelques années je prenais chaque jeu, chaque livre à bras-le-corps, je le vivais, je m'imprégnais de ces univers. Alors, pourquoi aujourd'hui ne me reste-t-il presque rien de tout cela ? Je cogite sur le sujet depuis un moment, et la conclusion à laquelle je suis arrivé est que je n'ai plus la capacité d'immersion. Je me demande si cela a à avoir avec mes récentes difficultés de concentration : fatigué ou non, motivé ou pas, j'ai de plus en plus de mal à rester fixé sur une activité. Je mettais cela sur le compte de mon ancien job qui me faisait stagner et donc déprimer, mais je constate que même avec mon nouveau job pour lequel je suis on-ne-peut-plus enthousiaste, ça ne revient pas. Peut-être l'inertie...
Revenons sur les causes de cette évolution quelques instants. Pas d'explication simple, pas d'événement déclencheur évident même si je peux isoler plusieurs facteurs.
Celui qui me semble le plus évident, c'est d'avoir rencontré une fille. Puis une autre, et enfin encore une autre, le tout sans transitions ou presque. Passer du statut de nerd à celui de boyfriend cela implique — outre beaucoup moins de temps pour soi — plus d'ouverture et de partage, ergo moins de temps passé renfermé sur soi-même à compenser la solitude de la routine par des univers alternatifs.
Autre facteur : le fait d'avoir vieilli — mûri, pour certains. Il parait qu'en prenant de la bouteille on devient moins sensible à la fantaisie et à l'imaginaire en général, et bien que ce ne soit pas vrai pour tout le monde il semblerait que ce soit mon cas.
Dernière hypothèse pour la route : je n'apprécie plus la culture depuis que je peux me l'offrir sans limite financière. J'achète tous les livres dont je trouve le quatrième de couverture vaguement intéressant ou dont le sujet m'interpelle et qu'une critique qui en dit du bien pour au final les empiler sans avoir le courage de les lire ; j'achète tous les jeux vidéo susceptibles de me plaire, les commence tous et n'en finis aucun. Niveau films, je vais beaucoup plus souvent au cinéma depuis que j'ai investi dans une carte UGC illimité l'année dernière, sans pour autant qu'un film m'ait réellement transcendé... Pour ce dernier point je n'y peux pas grand chose, vous admettrez.

Exceptions notables à tout cela : la musique et l'informatique. Si vous suivez un tant soit peu ce blog vous aurez remarqué que je parle certes moins souvent mais toujours régulièrement de mes découvertes et coups de cœur musicaux, et bien que je n'en joue moi-même pas autant que je le souhaite j'en écoute et apprécie toujours autant. Quant à l'informatique, plus je travaille et plus je maitrise et donc plus je kiffe, pas moyen que je lâche ; je suspecte d'ailleurs cette passion de prendre le pas sur toutes les autres, ce qui pourrait expliquer que j'y passe plus de temps au détriment des autres activités...
Je ne sais pas si cette situation est rattrapable ou non. J'ai écrit ce billet suite à ma propre réaction à un billet sur le blog de Knuckle duster : j'éprouve une certaine nostalgie de moi-même quelques années plus tôt, époque à laquelle j'essayais de tirer la quintessence de tout ce qui m'intéressait. Là, meh.
Commentaires
"I'll never be the same
If we ever meet again
Whooooon't let you get awaaay"
Muah ! Qu'est-ce que je kiffe cette musique de têtu.
Bon, j'allais lancer une machine de caleçons noirs quand je suis tombé sur ton bifton.
T'as pas mal cogité aux raisons qui font que tu n'as plus autant envie de te plonger dans un jeu, un bouquin ou autre chose.
T'as cité pas mal de suspects.
Problème : j'éprouve le même sentiment or je ne fais pas le même boulot que toi, on ne peut même pas dire que je bosse. Idem pour les filles, on est à l'opposé. Je ne te parle même pas des moyens financiers.
Point commun : j'entasse, je ne joue que très peu pour ne pas dire pas du tout et je lis quand ça me captive. J'ai délaissé beaucoup de mes anciennes passions pour des raisons qui m'échappent également.
Nous avons la chance de nous connaître depuis suffisamment longtemps pour savoir que dix ans plus tôt, nous rêvions de ce que nous avons aujourd'hui. Je crois que sur ta "wish list" de 1999, tu peux te targuer d'avoir presque tout coché, n'est-ce pas ?
Si je devais pousser la réflexion, je dirais que nous avions des objectifs de matérialistes. Conséquence : tu te rends compte que posséder le jeu, ce n'est pas le faire, acheter le bouquin procure cinq secondes d'adrénaline quand tu te dis "je le prends, je l'achète". Tu rentres chez toi, tu le poses, tu l'oublies.
J'en parlais avec un collègue et je fais l'expérience assez régulièrement : je me cantonne à un unique jeu (ça passe mieux quand c'est sur console portable). J'ai tripé sur Phantom Hourglass et GT PSP.
J'ai bouclé la saga "mords-moi" parce que je ne faisais que ça.
Je pense que le problème vient bel et bien de la dispersion. Tu te paies ce que tu veux, tu ne sais donc pas par où commencer. Quand ça te gonfle, tu passes à autre chose. Plus rien n'a de réelle valeur.
Ça fait très "à la fin du monde, je ne m'ennuierai pas".
Je te conseille de ne pas te ruer sur tout et n'importe quoi. Je procède différemment depuis peu : une liste de ce que je voudrais lire, juste pour ne pas oublier.
Ce n'est pas comme si le bouquin/jeu/film allait disparaître.
Les achats compulsifs minent le plaisir.
Tu ne savoures que l'achat, peu importe ce que contient le panier.
Après, que tu ne sois plus aussi sensible à certains genres, c'est possible. J'ai essayé de relire certains comics, ça ne passe plus. On évolue. Je me vois mal me refaire l'intégrale des animés Dragon Ball et Dieu sait à quel point j'ai adoré cette série.
Heureusement pour nous, nos goûts évoluent. T'es passé de Spawn à Walking Dead. Deux comics, deux registres.
Bref, arrête de claquer ta thune. Attaque-toi à la montagne de trucs que t'as entassés et ça ira beaucoup mieux.
Prends le temps et si c'est trop naze, revends.
J'oubliais : c'est pour ça que Dieu refuse que je gagne à Euro Millions.
Whargl, le commentaire aussi long que le bifton xD
Thanks bro', 'pwichiaillte.
J'ai le même sentiment niveau jeux vidéo. Avant, quand j'avais le temps et que j'étais célibataire, je pouvais passer des heures entières à jouer ou à tester tout ce qui passait.
Maintenant, mon temps de loisir, je préfère le consacrer à faire de la musique, ou à faire des choses plus concrètes, plus enrichissantes plutôt que de "dépenser" le temps que j'ai à jouer.
Je joue encore de temps en temps. Mais vraiment presque plus (je pense une heure par semaine grand max). Cela vient du fait que j’accroche beaucoup moins aux productions que les développeurs sortent de nos jours. Il arrive facilement que je joue et que je décroche complètement au bout d’une heure pour ne plus jamais y retoucher. Il faut vraiment que le jeu soit très bon, qu’il y ait un challenge et qu’il soit bien rythmé pour que je reste accroché jusqu’à la fin. Malheureusement de plus en plus de jeux sont casual, répétitifs et du coup je ne prends aucun plaisir à y jouer (Assassin’s Creed , Call of Duty,…).
Je ne m’inquiète pas trop car je sais qu’il y aura toujours un jeu avec les qualités nécessaires pour me plaire. C’est juste que je me concentre vraiment sur la crème de la crème et me renseigne bien avant de m’y plonger dedans.
Oue moi tout pareil.
Rarement vu une description aussi réaliste de la phase post-adulescence.
Je pensais aussi que ca venait de mon activité professionnelle.
Content de voir que ce n'est pas le cas, en lisant les commentaires.
Que dire... J'en sais rien, en fait. Faut croire que "devenir adulte" n'est en fait peut-être pas qu'une expression. Ou alors c'est autre chose, du cas par cas, je ne sais pas.
L'idée de DoK quant à l'abondance semble tenir debout, mais je ne sais pas si j'irai jusqu'à y voir "l'origine du mal". Quand je dis que je ne sais pas, c'est pas une formule, j'en sais vraiment rien.
De mon côté ça a été l'effet inverse. J'avais l'abondance à portée de main quand j'étais chez mes parents. Je vis seul depuis deux ans, et l'abondance m'a quitté pour de bon. Maintenant, si je m'achète un jeu par mois, deux bouquins et deux bds, j'ai bouclé mon budget loisir, en gros.
Et pourtant, avant comme maintenant, contrairement aux avis exprimés ici, je reste à fond niveau jeux, comics... Je ne suis peut-être pas devenu adulte. Je crois que si, mais peut-être que je me trompe.
En tout cas, et là la donnée me paraît plus importante : je suis célibataire et j'ai boulot certes merdique, mais absolument pas prenant.
J'ai tout mon temps pour le perdre. Si tant est que jouer ou lire est une perte de temps.
Finalement, quel est le problème derrière ce texte, pour toi ? Ca te manque de ne plus réussir à t'intéresser à tout ça, ou c'était plutôt l'exposition d'un fait ? Si ça te manque... Bah remets-y-toi. Et si ça ne te manque pas, aucun souci à avoir.
Voilà, maintenant tu dois cent billets à chacun pour la psychanalyse.
De rien.
bordel, chuis trop vieux pour ces conneries...
Il y a plusieurs choses que tu cites dans ton billet et je ne crois pas qu'il faille mélanger les genres. Pouvoir s'immerger complètement dans un bouquin n'est pas vraiment en rapport avec la lassitude du reste.
J'aime bien le début de l'explication : "une fille, des filles, LA fille". Ouais, tu aurais dû le marquer comme ça, mais on va dire que.
Passer de l'âge d'enfant à l'âge adulte est une meilleure appréhension de l'univers, des contraintes. C'est avant tout accepter ses responsabilités et reconnaître sa charge. En prenant ta famille à charge, tu as trouvé un univers global, qui te complète et t'ouvre à l'inconnu.
La quantité ne te contraint pas au désespoir mais à la recherche de qualité. Tu affines tes goûts et tu qualifies ton exigence.
Il faut se rappeler qu'en chaque humain cohabite l'adulte et l'enfant. Pour tes loisirs, il faut arrêter l'adulte et passer en mode enfant. Sans ça, adieu la satisfaction. Les yeux qui brillent, ça ne vient que de là :)
Au ciné, débranche le cerveau, ça se passera beaucoup mieux. Prend juste un bavoir, ça évite de tâcher le t-shirt :p