Problème de taille : l'éruption volcanique. Pas la peine de faire un caca nerveux, ça ne sert à rien et ça fait pitié.
Je prends mon mal en patience en me disant que ce fils-de-sa-mère de Murphy était en Islande, normal portugais.

Je décale mon départ. Si tout va bien, je décolle pile poil une semaine plus tard.
Suspense, claquage de fesses histoire de faire comme tout le monde.
Au final, c'est passé. Départ et arrivée dans les temps. Premier choc : ça pue.
Ne cherchez pas à comprendre, j'ai certainement les bronches pourries par l'air pur parisien.
L'air est probablement plus propre ici. La ville est en bord de mer.

Le Ben est là avec son bolide.
Direction l'appart' au dernier étage d'un immeuble. Le bordel est bien spacieux.
Je suis parti malade et le voyage n'a pas arrangé les choses. J'ai passé une première nuit assez difficile : toux de plus en plus gênante et l'impression de crever de froid pendant la nuit. Ambiance.
Je me suis réveillé assez tôt pour me rendormir comme une merde, ne rouvrant les yeux que vers 12:00.
Optimisation du temps : zéro.

La veille, Ben m'a briefé. Objectif : remonter une rue qui mène directement à "l'allée piétonne la plus longue d'Europe".
Comme je suis une limace, je ne suis pas allé bien loin.
Je me suis arrêté à une pharmacie histoire de choper du sirop...un grand moment de solitude devant un distributeur de tickets me proposant deux choix selon ce que je suis venu acheter...
Une petite danoise m'a baragouiné un truc avant de switcher en anglais et de m'expliquer.

Je ressors avec des cachetons.
Le quartier est blindé de keugrés mais leur viande a un sale gueule. C'est atroce !
On a l'impression que la viande a été passée au mixeur puis compactée avant d'être enfourchée et de tourner toute la journée jusqu'à virer de l'orange au noir. Space. Pas moyen de goutter à ce truc, si c'était hallal, ça ne l'est certainement plus.
Autre chose, mais j'étais prévenu : les vélos.
C'est le moyen de déplacement privilégié. Il y en a de toutes les sortes.
C'est assez impressionnant. Contrairement à Paris, et histoire de comparer bêtement comme je le fais depuis que je suis arrivé, j'ai dû croiser trois scooters.
Ben m'avait expliqué : les véhicules coûtent volontairement chers.

Bref, il me récupère en caisse et on passe l'après-midi à tourner dans l'allée piétonne.
Suite du programme : début de soirée avec les potes de Ben puis direction le Karel Van Mander, une sorte de boîte fréquentée par la bourgeoisie de Copenhague. Conséquence : ça se la raconte jusqu'à la mort. Les gonzesses sont toutes basées sur le canon de beauté qu'on t'a imposé depuis ta plus tendre enfance à savoir cheveux aux épaules, raides bien sûr, pas trop grasses, nez aquilin, yeux clairs, peau sans la moindre imperfection fond-de-teint-less of course parce que no need et le regard hautain en guise de cerise sur le gâteau.
On s'en bat les reins, on n'est pas venu pour s'encombrer avec ce genre de conneries mais pour passer un bon moment.
Bonne ambiance avec les quatre trublions et la petite futée sur des sons efficaces. Là-dessus, c'était nickel.
Plus tard, on confirmera mes impressions : le Karel attire les pétasses parfaites snobinardes avec un ratio de trois connasses pour un con.

Samedi matin, visite de Vor Frelsers Kirke (L'église de Notre Sauveur).
Sympa, blindée de touristes dont pas mal de Français, normal portugais.
La vue est vraiment magnifique, pour le reste, je n'ai presque rien retenu.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers Christiania, sorte d'enclave dans la ville.

C'est certainement le lieu qui m'a, pour l'instant, le plus marqué.
Imaginez une petite ville gérée par des hippies/junkies...
Elle a été créée il a plus de trente ans par des sans-abris. Ils se sont appropriés les lieux et ont clairement fait comprendre qu'ils comptaient s'affranchir du Danemark.
Ils sont littéralement autonomes. Partis de presque rien, ils ont construits presque toutes les infrastructures dont ils avaient besoin tout en gardant cette aspect propre à Christiania à savoir un mix grunge/hippie/rasta/bédave.

Très attachés à cette singularité, ils font en sorte de préserver ce qu'ils considèrent, à juste titre, comme un patrimoine.
Les appareils photos sont la plupart du temps interdits ce qui est vraiment dommage mais compréhensible. Certaines sculptures sont magnifiques, il n'y a pas un bâtiment qui ressemble à un autre. En dehors de la zone "smoke weed everyday" se trouve une école au bord de l'eau et des habitations tout droit sorties d'un village hobbit. Ambiance écolo-compost-mange-ta-merde.
En nous dirigeant vers la sortie, nous sommes tombés sur un skatepark.
Photo-photo jusqu'à ce qu'un vieux con poilu sur son skate ne me fasse comprendre qu'on ne prend pas les gens en photo.
True...mais là, j'ai envie de dire non, de faire mon François-le-Français.
Christiania, c'est bien mais à force de vouloir la jouer "exclusive-nous-c'est-nous", bah on a juste envie de les faire chier. Là, c'est Super-Connard.

Passage au MacDo parce qu'ici, ils ne savent pas grailler alors nous non plus.
Tu manges parce qu'il faut bien chier.

La suite, vite. Début de soirée chez trois copines de Ben. Pizza homemade et blabla sur fond musical.
NOS ! On se motive pour aller au meat market.
Imaginez Rungis qui se transforme la nuit en petits clubs.
Des boucheries ont été transformées en boites. Son électro, gens bien plus détendus qu'au Karel.
Sympa, vraiment. Et c'est graaatuiiit.

Là, je tape mon bifton improvisé au fond de mon lit.
Je voulais répondre à ma petite sœur, je me suis dit que ça ferait un bon résumé de ce que j'ai vu en deux jours.
Je retiens la folie des vélos, les Danois physiquement impressionnants (faut le voir pour le croire), la langue de merde (oui, je le redis, la langue de merde) et la quasi-absence de gens gros parce que les Danois sont physiquement impressionnants.

La suite plus tard quand je serai rentré, avec plein de photos.