Ça pourrait se résumer facilement mais j'ai envie de m'étaler, pas le choix. Lisez.

En bricolant mes bornes, j'ai dû commencer à me faire à l'idée que les sticks sont tout bonnement incontournables : jusque-là, je les trouvais très pratiques pour les shoot'em up...mais pour les beat'em up...c'est une autre histoire. Habitué pendant des années à sortir des quarts de cercle sur tous types de croix, je me suis décidé à mettre de côté mes manettes pour Street Fighter IV. Achat d'un stick : le Hori Fighting Stick 3 (PlayStation 3) à une trentaine de boyards.

Investissement modéré pour commencer. Le bordel est propre, robuste et bien au dessus des daubes aux formes bizarres disponibles un peu partout (je pense notamment aux sticks de la honte). Problème : le "layout" (=disposition des rangées de boutons) demande un certain temps d'adaptation. Pas l'idéal pour débuter. Les boutons sur la droite sont presque inaccessibles sauf si vous utilisez la...tranche de la main. Chelou ? Ouais, carrément. On se retrouve à incliner la main dans toutes les directions. Bref, c'est moyen. Ça ne convient pas à tout le monde.

Le stick est une copie conforme du JLF-TP-8Y de Sanwa qui équipe la plupart des bornes d'arcade et des sticks hauts de gamme. Même course, même hauteur mais un poil plus mou, moins précis.
Pour en revenir aux boutons, ils représentent le principal défaut de ce modèle : je n'ai pas acheté un stick pour apprendre à tapoter sur des boutons. La résistance n'est pas la même d'un bouton à l'autre. Ils répondent donc différemment.
Autre point : la surface du "control panel" est relativement petite, plus réduite que les références de la marque.
Globalement, le stick vaut ses 30 €uros. Je n'ai pas voulu mettre plus : se rendre compte qu'on ne maitrise pas 150 balles de métal et de plastique, ça ne passe pas en glissant.

Après quelques mois, je m'habitue et l'époque de la manette me semble bien révolue. J'ai récupéré la plupart de mes réflexes. Certains coups sortent même plus facilement au stick alors que d'autres demandent plus de patience. Avoir tous les boutons sur le même plan est très pratique, là où les manettes (de base) ont recours aux gâchettes pensées pour les FPS, avec une course longue, ce qui ne convient vraiment pas aux jeux combat. Ici, toutes les commandes se trouvent sous la main droite. Royal pour les combinaisons.

Tout ce temps passé entre le Fighting Stick 3 et mes bornes m'a permis de me rendre compte de la différence entre un stick d'entrée de gamme et du matériel pro. Pas la peine de revenir sur ces points. J'ai commencé à me renseigner sur les modèles équipés de pièces pro : Sanwa ou Seimitsu. Aujourd'hui, Hori, roi de l'équipement en Asie, détient la plupart des licences de jeux dont Street Fighter IV. Le catalogue de la marque propose quelques références intéressantes. En évitant les sticks équipés de boutons "normaux", on se retrouve avec des séries spéciales entièrement équipées de pièces issues du monde professionnel, dites SA (Sanwa) ou SE (Seimitsu).
Les sticks "full Sanwa" et "full Seimitsu" coûtent un bras pour une raison simple : Hori n'a pas de distributeur officiel en Occident. Rares sont les produits de la marque à être distribués chez nous. On trouve néanmoins des modèles accompagnant la sortie de gros titres comme récemment avec BlazBlue et Tekken 6 aux Etats-Unis. Ces modèles, bons marchés, ne sont pas représentatifs du savoir-faire de la marque. Problème : un stick coûte, au Japon, entre 70 et 100 euros. Comptez le double pour le faire importer, taxes non comprises.

Cet équipement représente un investissement. Beaucoup de joueurs ont importé des modèles Hori, quitte à les modifier en remplaçant les pièces par du Sanwa/Seimitsu. A l'occasion de la sortie de Street Fighter IV, MadCatz, spécialisé dans la fabrication et la distribution d'accessoires, remporte la licence Street Fighter IV en Occident. En plus des conneries habituelles, MC a développé un "arcade stick" en collaboration avec un membre du forum américain Shoryuken. L'avantage ? Avoir les conseils d'un utilisateur qui, au final, a su les orienter dans la bonne direction. Le type s'est donc improvisé consultant. Une très bonne idée de la part d'une boîte réputée pour distribuer du matériel de qualité moyenne voire mauvaise.

Profitant du buzz autour du jeu, le stick se vend comme des petits pains et les avis ne tardent pas à arriver : ils sont globalement positifs. Le Tournament Edition n'a pas à rougir face aux meilleurs représentants de la marque d'en face.
Entièrement équipé de pièces Sanwa, le TE reprend un layout apparu avec le dernier "cabinet" de Taito, la Viewlix, qui fait un carton dans les salles japonaises et fait baver les amateurs à travers le monde.
Le design du stick s'inspire également de la borne : anguleux. Rien à voir avec celui des Hori, qui n'a presque pas bougé depuis de nombreuses années.

Le prix du stick s'aligne sur celui d'un Hori importé soit près de 150 €uros, à la différence près que les full Sanwa chez Hori coûtent bien plus cher. Quant au full Seimitsu, ils sont plus rares et la plupart du temps en rupture.

Le TE fait la part belle à la personnalisation : les boutons et le stick sont facilement accessibles. Une clé allen suffit.
La "mounting plate" permet de remplacer le stick Sanwa par un modèle Seimitsu. Quant aux boutons, le contact se fait avec des cosses, tout simplement. L'overlay, sous le plexiglas, peut être remplacé. Bref, ce qui était faisable avec un Hori Real Arcade Pro l'est également avec un Tournament Edition. On sent tout de même qu'un effort a été fait pour permettre une personnalisation plus facile. Les modèles d'overlays et les tutoriaux n'ont d'ailleurs pas tardé à envahir les forums.

Au final, MadCatz l'a joué "fan service" et force est de constater que ça paie.
Le TE est un véritable succès en Occident. Profitant du fait que le seul véritable concurrent ne bénéficie pas de réseaux de distribution, MadCatz s'est emparé d'un marché qui tend à se développer avec des titres porteurs comme Street Fighter IV, BlazBlue et KoF XII, pour ne citer que les beat'em up récemment sortis. En parallèle, les trois plate-formes actuelles proposent un catalogue de jeux téléchargeables riche en titres issus du monde de l'arcade et que l'on prend plaisir à tester avec un stick. Cave, éditeur et développeur de shoot'em up, a récemment adopté une "politique d'ouverture" : les portages se succèdent rapidement. Après des années d'attente, des titres exclusifs à l'arcade arrivent sur Xbox 360 même si certains ne sont disponibles que sur le Xbox Live Arcade.
Cave ira même plus loin en vendant certains titres sans protection ce qui est relativement rare sur cette plate-forme et tout particulièrement pour des titres vendus au Japon mais implicitement destinés au marché de l'import.

Je m'égare, tchao.

Note : J'ai commencé à taper ce billet le 26 mars 2010. Vous lisez du vieux.