Je commence par ma vénérable Ibanez K5. Modèle signature de Fieldy — bassiste de Korn —, elle a été le premier instrument de mes rêves que j'ai pu m'offrir, moyennant 2 mois de mon alors maigre salaire de saisonnier d'été ainsi qu'une partie financée par la revente de mon ancienne basse, une Cort B5. Bien qu'elle soit un vestige d'une époque ou je portais des baggies et des T-shirts (beaucoup) trop larges pour moi et ou je vouais un culte aux basses à cinq cordes, je n'arrive pas à m'en débarrasser : j'aime toujours sa forme, sa finition en bois naturel avec les mécaniques plaqué or et surtout la raison pour laquelle je l'ai achetée : ses micros et son pré-ampli surpuissant qui lui confèrent le son que j'aime — un son bien chaud et rond neutre, idéal pour des lignes de basses hypnotiques.



Un des inconvénients de la K5 est l'espacement limité entre ses cordes et la disposition de ses (imposants) micros qui la rend peu praticable pour le slap. Ca tombe bien, pendant de nombreuses années je n'ai pas été particulièrement fan de cette technique. Un jour en passant lécher les vitrines des boutiques d'instruments de musique vers Pigalle comme je le faisais souvent il y a quatre-cinq ans j'ai essayé une Music Man Stingray par curiosité, histoire de voir comment ça sonne le slap 'façon Flea des Red Hot Chili Peppers. Eh bien mes aïeux, ce test m'a ouvert les yeux : les Music Man ont une putain de pêche, tout particulièrement en slap qui est d'une justesse exemplaire. À partir de ce jour j'ai revu mon jugement sur les basses à cinq cordes — pratiques au demeurant quand on joue des trucs bien fat comme du dub ou du métal, d'ailleurs certains bassistes tels que Ryan Martinie de Mudvayne et Stuart Zender (anciennement) de Jamiroquai s'en accommodent très bien pour slapper également — et me suis dit que si un jour j'en avais les moyens, je m'offrirais une basse Music Man.

Un jour en trainassant sur eBay je suis tombé sur celle qui allait devenir ma basse Music Man : une Sterling finition vintage sunburst version matching head avec pickguard finition shell[1] comme neuve vendue par un guitariste qui se l'était offerte pour s'essayer à la basse puis qui a réalisé qu'il n'en jouait pas. J'ai remplacé le pickguard par un noir car je trouvais que cela jurait avec le sunburst, le résultat est beaucoup plus sobre et classe à mon gout. J'ai eu l'occasion de la pousser un peu en studio de répet avec un batteur et deux guitaristes, le verdict était sans appel : awesum!



Je vais conclure ce billet sur ma dernière acquisition en date — batterie électronique exceptée —, là encore un délire de jeunesse réalisé : une authentique PRS CE24. Contrairement aux basses j'ai jugé inutile de garder deux guitares (surtout si l'une d'entre elles est la guitare de mes rêves, un peu de logique quoi) et j'ai par conséquent revendu mon Ibanez RG2550E pour financer une partie de la PRS : petit pincement au cœur tout même, c'était tout comme ma K5 ma première "vraie" guitare pour laquelle j'avais travaillé dur pour la financer. Larme versée, on revient au présent et on réalise que c'est quand même une putain de gratte de bâtard, cette PRS : un peu plus lourde mais un poids mieux réparti, manche un tout petit peu plus épais que la RG, sélecteur de micros 5 positions — qui offre cinq sonorités vraiment différentes... un vrai bonheur.



Quand j'aurai un chez moi un peu plus grand peut-être une pièce où je pourrai laisser toutes ces beautés sorties en permanence avec le setup d'amplis pour en jouer quand l'envie m'en prend sans avoir à les sortir de leur fly-case, voire les accrocher à un mur tel de tableaux de grands peintres, car en fin de compte c'est un peu l'effet que me font de beaux instruments de musique : des pièces de collection qui me procurent autant de plaisir à les regarder qu'à en jouer.

Heureux ? Hell yeah!

Encore ? Toujours. Allez, soyons fou et rêvons un peu de prochaines acquisitions : la PRS 513 m'a fait forte impression mais coute la peau des rouleaux — en rêvant encore plus fort, la version 25th anniversary —, ou encore une Music Man Axis Super Sport Family Reserve. Coté basses, surement une Warwick Thumb ou Streamer.

Notes

[1] La tête de la même couleur que le corps.