Fastforward, nous voilà maintenant le 9 décembre 2009. Je vais enfin voir ce groupe mythique. Mythiques car ils étaient censés ne plus jouer ensemble et surtout que leurs concerts son toujours décris comme étant incroyables, spectaculaires et démesurés.

Pour cette première fois, je voulais faire les choses bien. J’avais posé mon après midi afin de monter tranquillement sur Paris en voiture. Premier win car j’ai réussi à me garer directement à 400 mètres du palais omnisport. Il est 17h et il commence à avoir une longue queue devant la salle. Les portes étant encore fermées, plutôt que d’attendre comme un couillon, j’ai décidé de prendre un petit encas histoire d’être bien pour la soirée. Vous savez, ça évite de ressentir cette faim en fin de concert. Bien sur d’autre préférerons manger un traditionnel Kébab ou BigMac une fois les festivité finies.

18h, il est temps d’y aller. Je vois que la foule avance lentement et j’en profite pour me faufiler. Cinq minutes après, I’m in da place. La salle est encore bien vide et le choix s’offre à moi pour m’installer. Confortablement assis sur les cotés, proche de la scène, il ne me reste plus qu’à attendre 20h, l’heure du début de concert.

J’aime bien cette ambiance où plein de personnes d’horizons différents se réunissent pour le même amour. A ma droite j’avais deux jeunes. Attardés socialement et certainement premier concert, ils étaient plus qu’excités à l’idée de cette soirée. Excités du genre à s’arracher le tee-shirt ou à se griffer le visage quand les lumières s’éteignent. Derrière mois un vieux goth. Du genre qui a tout vu, qui a tout fait. Aussi du genre à faire des blagues de merde tel que “Oui allo, ce soir je vais voir un petit groupe pas très connu qui s’appelle Rammstein, tu connais? ”. Ou alors quand le public se met à crier qu’il sorte “Moi aussi je peux crier, je suis chanteur de death metal“, le tout suivit d’un vieux growl des familles. Cool story bro’.

Après avoir fait 30 fois la Ola, les lumières s’éteignent. 20h, c’est le moment de Combichrist de faire bouger Bercy. Deux batteries, des synthés et une voix. Le quatuor déferle un son electro indus, parfois transe. De quoi se mettre en forme. Ça bouge bien et j’aimerais bien revoir ça en festival pour danser pendant des heures sur leurs beats electro saturés. Impossible de compter le nombre de fois où l’un des deux batteurs n’arrêtait pas de faire tomber son tom de basse pour faire chier le roadie. Une vingtaines de baguettes jetées pendant les 40 minutes de leur set. Et un final en beauté avec les deux batteries explosées qui se retrouvent à moitiées dans la fosse. Une bonne mise en bouche pour ce qui va arriver.

Il est finalement 21h. Le clou du spectacle (à prononcer avec l’accent anglais) commence. Tout le monde se lève (on ne va rester le cul visé à la casba). Intro évidement tirée de leur dernier album. Certainement pas ma favorite, surtout qu’elle est plutôt molle pour commencer. Mais là Rammstein sait changer la donne et sait embellir les choses. Alors comment ça se passe une ouverture de concert selon eux ? Très simplement. Les deux guitaristes défoncent des portes avec leurs guitares. Vraiment. Et au centre, le chanteur DESSOUDE une porte en métal en faisant le tour avec un chalumeau pour finalement l’éjecter avec un énorme coup de pied. Et ouai! Ca c’est une entrée fracassante. Le rideau tombe laissant apercevoir un joli effet de lumières sur un drap déchiré par des griffures. Derrière se trouve le bassiste, le batteur et le claviériste. Le premier riff de guitare retentit avec une énorme explosion en haut de la scène. Des flammes jaillissent du sol en suivant le rythme de la musique. Fuck yeah! Et ça c’était qu’une petite mise en bouche pour monter crescendo dans leur folie. Les chansons s’enchainent sans aucun temps mort. Le son est bon pour Bercy et le chant est vraiment puissant et clair. Quelle voix! Chaque musique est accompagnée d’effets inoubliables, comme les traditionnels masques à gaz accrochés sur les deux guitaristes et le chanteur qui projettent des flammes de 5 mètres pendant qu’ils sont en train de jouer! Comme font-ils ? N’étant pas à côté de la scène, je sentais quand même la chaleur du pétrole brulé me caresser doucement le visage, alors je n’imagine même pas quand on a ça au bout de ses yeux. Il fait vite très chaud dans la salle et ça doit être bien pire dans la fosse. Le batteur case un petit solo de batterie. Flake, le claviériste fou habillé et masqué tout en cuir, vient en profiter pour se mettre à danser de façon saccadé devant la scène. Il se fait vite prendre au cou par le chanteur qui le raccompagne gentiment à sa place.

Feuer Frei! Les effets pyro sont déments et la chaleur monte de plus en plus avec le public qui était vraiment déchainé ce soir là. Ca bouge, ca hurle, c’est extra et ca sent le barbecue en plus !

Les lumières s’éteignent sur Wiener Blut et des lasers verts apparaissent en hauteurs pour descendre lentement le long de la chanson. Quand les lumières se rallument, on s’aperçoit qu’ il s’agit au fait de petites poupées suspendues avec des lasers à la place des yeux. Et quand la chanson se termine, les poupées explosent pour venir lamentablement s’écraser sur le sol. Sous nos yeux, une pluie macabre.

Nouvelle intro, Till le chanteur est agenouillé devant un gramophone. Bien entendu il l’explose violemment sur le sol et Ich Tu Dir Weh démarre. Une baignoire se trouve derrière lui, pourquoi pas ? C’est alors que Flake revient faire son petit foufou et vient pousser Till pour le faire tomber. Ce dernier ce rebelle et rechoppe le claviériste par le cou pour l’écraser dans la baignoire. C’est alors qu’une plateforme s’élève du sol. Le chanteur saisit un jerricane et continue à être soulevé pour atteindre les 10 mètres de hauteur. Il est là, debout sur une minuscule grille d’un mètre carré, aucun filet. Il soulève le jerricane et verse une pluie d’étincelles dans la baignoire qui finissent par exploser ! La plateforme redescend avec la musique qui continue toujours. Et là, surprise. Le claviériste ressort vêtue d’un costume entièrement en paillette qui brille de milles feux. Il titube le long de la scène, escalade son estrade et se met à marcher sur un PUTAIN DE TAPIS ROULANT en face de son clavier. What the fuck? Le tapis étant incrusté sur le sol, on a vraiment l’impression qu’il glisse tranquillement. Comme si un NPC était bloqué contre un objet à cause d’un bug de collision. Mais le pire dans tout ça c’est qu’il continue de marcher naturellement TOUT LE LONG DU CONCERT comme si rien n’était. Le tapis pivote même quand il doit changer de clavier. C’est totalement awesome tellement c’est n’importe quoi. Comment ils ont pus penser à tout ça !

Les chansons continuent de s’enchainer toujours avec des effets incroyables. Par exemple à un moment Till prend une PUTAIN d’arbalète, mais complètement démesurée. Il tire une fusée sur un poteau situé au milieu de la salle qui déclenche à son tour une fusée qui revient au dessus de la scène et qui fait tout exploser. Comment ça se passe les brainstormings pour sortir de telle chose pour un concert ? C’est juste dingue !

Sur Benzin, le chanteur arrive en trainant un gros sarcophage illuminé. Un faux fan arrive sur scène pendant la chanson. Till gratte une torche et allume un lance-flamme relié au sarcophage pour bruler le mec! Enflammé, Il court le long de la scène et le guitariste en profite pour le faire chier en lui bloquant le passage. C’est inimaginable.

S’enchaine Links 2 3 4 où le groupe arrive au pas militaire comme le veut la chanson, tout le monde reprendra le pas à cœur joie faisant vibrer tout Bercy. Du Hast retentit. Même pas besoin à Till de chanter car tous reprendront ses paroles.

Pussy, dernier single du groupe. Le chanteur chevauche un énorme canon en mousse pour littéralement éjaculer sur le public. Le pied! Surtout que tout le public continue de reprendre les paroles. Vraiment une putain d'ambiance.

Le claviériste descend de son tapis roulant sur Haifisch afin de grimper dans un bateau gonflable pour traverser tout le long de Bercy. Pendant ce temps, il ne reste plus que la guitare qui joue et le reste du groupe s’assoit autour du guitariste avec un projecteur sur lui. Le chanteur annonce alors l’anniversaire Paul Landers Ce soir est un soir très spécial. Petit coup de champagne pour célébrer ça, dont les verres finiront explosés sur le sol.

Quelque chansons après et c’est la fin sur Engel. Une fin magnifique où raisonnent les premiers sifflements de la musique avec Till arrivant sur scène vêtu d’ailes d’anges géantes. Les ailes se déploient lentement et finissent pas s’enflammer sur la fin. Superbe. Grosse salutation et beaucoup d'applaudissements. Les quelques notes Ohne Dich sont jouées pendant que Bercy se vide.

Alors que dire. C’est tout bonnement exceptionnel. Je n’avais jamais une mise en scène aussi poussée et WTF en 1h50 de concert. Le son était plutôt bon pour Bercy même si parfois brouillon. Le groupe est puissant avec un jeu de scène maitrisé et naturel tout le long. Bien sur tout est réglé au millimètre près. Faut dire qu'il n'ont pas le droit à l'erreur sinon ils se font carboniser sur place. Mais c’est tellement incroyable qu’on n’y revient pas. Je savais que c’était hallucinant mais je ne m’attendais pas à une telle claque. Je manque de superlatifs pour décrire ce spectacle qui prend aux tripes sans jamais rien lâcher. C’est vraiment quelque chose qu’il faut voir absolument, ce mélange de musique et de visuel à couper le souffle.

Les 60€ que coûte la place sont vite rentabilisés avec tout ce qui est explosés ou alors brulé pendant leur prestation. Quand on compare le concert de Rage against the machine à Bercy pour 50€, il y a de quoi devenir fou. Un pauvre drap, 1h20 de set et des chansons jouées downtempo.

C’est vraiment une machine allemande et il ne me hâte plus que de les revoir dans au festival Rock Werchter 2010 où ils viennent d'être confirmés pour plus apprécier la musique dans la fosse. Même si ce soir là il n’y avait aucun problème pour sauter et headbanger dans les gradins tout en gardant une vue imprenable sur cette magnifique scène. Une soirée remplie d’émotions que je ne risque pas d’oublier d’aussi tôt. These guys are unfucking believable!

SET-LIST

Combichrist

All Pain is gone
Electrohead
Fuck that Shit
Candy Mountain Cave
Blut Royal
What the fuck is wrong with you

Rammstein

Rammlied
B********
Waidmanns Heil
Keine Lust
Weißes Fleisch
Feuer Frei!
Wiener Blut
Frühling in Paris
Ich Tu Dir Weh
Liebe ist für alle da
Benzin
Links 2 3 4
Du Hast
Pussy
Sonne
Haifisch
Ich Will
Engel