Ce matin, grosse prise de tête avec mon ex-femme-de-ma-vie, je me les gèle un peu comme tout le monde, je dors dans le métro et dans le RER. Je crois que je passe plus de temps à pioncer sur les banquettes que dans mon propre lit. Vous trouvez que j'exagère ? J'aimerais. Je cavale dépanner un pote, je repars dans l'autre direction déjeuner avec le bro' et débarque en retard en cours : entrée théâtrale, tête de psychopathe, démarche de robot défectueux.
Je me pose, la prof commence à parler, ma tête heurte violemment la table, je pionce. Elle nous a servi le même cours que celui de notre prof de Biologie cellulaire à St-Antoine...c'était en 2003. J'apprendrai plus de choses en dormant. Réveillez-moi si je bave, grogne, parle, pisse ou tombe par terre/sur vos cuisses.

Elle nous lâche avant l'heure, je me barre fissa pour choper un RER histoire de récupérer mes affaires : boxe anglaise ce soir.
Hop hop, on se dépêche...pour rien, c'est une de mes manies : me foutre la pression pour de la merde.
Retour dans le vaisseau spatial de la ligne C : t'as marché sur de la pisse, y'a un gamin qui gueule, des lycéens qui croient que leur téléphone est un ghettoblaster, une daronne qui reçoit un appel de Pluton donc elle doit parler fort et en face, un taré qui me fixe comme s'il essayait de me faire exploser la tête par la pensée. Normal (à prononcer avec l'accent portugais).

Je dégaine le baladeur. MTV Unplugged Nirvana et je sors mon Technikart : je me suis abonné, j'ai perdu de l'argent. NleurM.
...je finis par m'endormir. Putain, ça devient dangereux ce truc ! Si vous me croisez, soyez sympa, filmez-moi. J'aimerai bien voir la tronche que j'ai en émergeant d'une sieste de sept stations. Un festival de bave et de déformations faciales.
Je remue mes guiboles et galope jusqu'à la salle de boxe.

Cours du jour : les crochets dans le foie. On commence pépèrement l'échauffement. Je remarque que je boite misérablement.
Shadow boxing, je constate la présence d'un type que j'avais aperçu l'année dernière. Le genre de gars qui retire son t-shirt juste histoire de nous montrer que son six pack est le résultat de six mois de glandouille.
Bref, je fais mon truc dans mon coin. Vient le moment où le prof nous demande de nous mettre en binôme. Je vois que tout le monde lui met une putain d'esquive. Il (on va l'appeler "la star") m'invite sur le ring.

Le principe : le boxeur A case des crochets au foie et le boxeur B doit maintenir sa garde et les parer comme il peut.
Le problème : la star du jour tape de toutes ses forces.

A ce rythme, ça va vite partir en couille. C'est ce qu'il s'est passé.
Imaginez une séance de boxe à s'envoyer des patates d'écolier dans le foie, l'estomac et accessoirement la ganache...
Plus on avance dans la séance plus l'enchainement devient complexe. L'autre continue de taper comme un sourd et se permet quelques coups de putes. On n'est plus à ça près, hein ?

Le prof le remarque et lui demande d'y aller moins violemment et de privilégier la technique.
Il acquiesce mais ça ne durera que quinze secondes. Une vraie partie de plaisir. On s'envoie des pêches gaiement et il me sort : "on n'est pas là pour faire de la danse".
...je t'enverrais bien valser.

On arrive à la fin de l'entrainement : les assauts, au nombre de deux.
Première série : défoncez-vous le bide.

C'est ma spécialité : nous sommes tous les deux un peu rincés et, au corps à corps, je pense avoir l'avantage.
C'était bourrin, je m'en suis mangé pas mal mais la star était malmenée : immobile, la garde de circonstance, au niveau des flans.
Principalement à base de crochets et d'uppers. C'était, je dois l'avouer, jouissif. On y va à pleine puissance mais il l'a cherché.
Il me semble vous avoir dit qu'il avait quelques coups de pute au fond des gants. Il m'a asséné un direct en pleine poitrine. J'ai eu comme l'impression que c'était un coup de rageux.

Je lui ai dit qu'il serait préférable de s'arrêter là. La deuxième série d'assaut est "libre" : ça risque de ressembler à rien.
Un type, sans sparing partner, me demande s'il peut me remplacer. Jusque-là, ce nouveau s'était permis quelques remarques et, compte-tenu de la situation assez tendue, je n'avais pas apprécié.

Je le convie à déguster un plat de patates chaudes bien que la star n'ait plus l'air en grande forme.
Comme avec moi, la star lui saute à la gorge et enchaine quelques directs en pleine poire...le nouveau n'apprécie guère.
La suite est un festival de coups lourds, puissants, précis : le nouveau maintient la star à bonne distance et ajuste chaque frappe.
Merde, impossible que ce soit un débutant ! La star est sonnée. J'assiste à un round impressionnant. Aucun cm² du visage de la star n'est épargné.
Quand ce n'est pas sa face, ce sont ses côtes qui trinquent !

Il se recroqueville mais essaye de maintenir sa garde. La corde dans le dos, je me dis qu'il ne peut plus utiliser ses jambes.
Dans le coin, il déguste et il me fait presque pitié. Le prof intervient pour les séparer...mais on se retrouve dans la même situation quelques secondes plus tard.
Il est complètement dépassé et, à force de se baisser, il perd de la mobilité et s'expose finalement plus.

Ce qui arriva...bah arriva : il s'est fait pilonné les flans et le grand final : un parfait direct du droit.
Il traverse les cordes et atterri sur le sol. Je le ramasse.

Merde, c'était culte. Il a traversé les cordes.
Fin des assauts, heureusement pour lui.

Petite discussion avec le "nouveau" qui pratiquait la boxe thaïlandaise avant d'être attiré par l'anglaise.
D'après lui, je lui aurais cédé une star un peu rincée...muaha ! Ego fully charged !

Je rampe jusqu'aux vestiaires où je me change comme un vieillard.
Mes flans sont méchamment touchés et mes avant-bras encore plus puisqu'ils encaissaient.

Je pense que je vais morfler pendant un bon moment.
Ce n'était pas intéressant de boxer avec un type aussi bourrin. Je n'ai pris que peu de plaisir et ce n'était finalement pas de la boxe.

Je vais me pieuter. Je suis mort et demain, c'est dans cinq heures.