Reset démarre par une série de suicides des plus étranges, non pas dans la manière mais plutôt dans les circonstances que survient l'acte : les "victimes" s'ôtent la vie après avoir lu un message qu'elles seules peuvent voir.

Votre vie est un échec. Appuyez sur Reset.

Les médias ne passent pas à côté de l'affaire, surtout quand ils se rendent compte que tous les défunts habitaient la même résidence...

Le sujet est intéressant. L'auteur le traite avec légèreté ce qui engendre un déséquilibre entre la narration, mise en avant, et la réflexion, estompée par une histoire aux longueurs trop souvent injustifiées.
Reset aurait pu se passer de certains artifices tolérables pour des travaux destinés à un public moins éveillé, plus enclin à s'attarder sur les personnages que sur la morale. Il aurait été appréciable que ces mêmes personnages s'effacent pour mieux supporter la complexité de la trame et mieux concentrer le lecteur sur le développement des faits. Le registre se doit de respecter un dénouement tel que le parallélisme entre le récit et la réalité soit évident. À la place, Tsutsui emprunte certains raccourcis impropres. Le côté cliché de certaines planches irrite, même.

Que reste-t-il de l'étincelle déclenchée par Duds Hunt ? Nous dirons que l'auteur a expérimenté, avec Reset, d'autres ingrédients touchant à la narration, au détriment de la profondeur de thèmes puissants, qu'effleurés, qu'entrevus.

Si la mordante satire sur le virtuel n'est pas, il en reste une histoire simple, et décevante dans sa forme.

«Reset» de Tsutsui Tetsuya.
ISBN : 2-915513-19-8
Publié en français le 8 juin 2006 aux Éditions Ki-oon.
One-shot de 241 pages dont 2 en couleurs.