Pourtant l'idée de départ telle qu'elle était présentée dans la bande-annonce avait de quoi séduire : un jeune homme - Danny (Jet Li) - dont la vie se résume à tabasser les gens devant de l'argent à son "oncle" Bart (Bob Hoskins), petite frappe se la jouant caïd en costard blanc; celui-ci l'a élevé et le maintient dans un état de soumission dans un style relativement loin de la Convention de Genève puisque Danny est traité, au sens propre comme au figuré comme un chien...


Un jour, alors qu'ils partent "relever les compteurs" Danny fait la connaissance de Sam (Morgan Freeman), un accordeur de pianos aveugle sur le retour qui se lie d'amitié pour cette loque humaine, hélas trop appeurée pour se confier. L'affaire de Bart tourne mal et Danny s'attire les foudres de son maître pour ne pas l'avoir défendu comme il le lui avait ordonné. Cependant l'affaire tourne encore plus mal et cette petite bande tombe dans une ambuscade dont ne réchappera que le clebs'. Blessé, projeté seul dans un monde dont il ne connaît rien, Danny retournera au dernier endroit dont il se souvient : celui où il a rencontré Sam... (sympa le synopsis, hein ? Je vais postuler pour allociné.fr...)


On s'arrête là pour ce qui concerne le scénario, et je commence le bilan : une fois encore on nous met dans notre assiette un film d'action allégé en intérêt où il n'y a pas besoin de chercher plus loin que ce que l'on voit à l'image car tout a été misé sur la production très Bessonnienne (autrement dit : Hollywood-like). Malgré la présence d'une histoire assez bien imaginée le film baigne dans une fausse atmosphère opresssante au rythme mal géré. Les acteurs sont peu convaincants (hormis peut-être Freeman qui tire bien son épingle du jeu et Li qui donne bien la papatte) et même les combats, pourtant chorégraphiés par Yuen Woo-Ping (qui a collaboré entre-autres sur la trilogie Matrix) m'ont paru fades; ceux du Baiser mortel du Dragon m'avaient beaucoup plus impressionné.
Toutefois les musiques (composées par Massive Attack) collent assez bien aux scènes et s'écoutent très facilement même en dehors du film; je vous recommande chaudement l'OST.


En bref on ne tient encore pas là le film qui va révolutionner le genre : la Besson touch commence à s'essouffler et la pâte ne prend plus. Danny the dog reste malgré tout un film sympathique si vous avez laissé votre cerveau chez un pote, et a tout de même le mérite de répondre à l'une des questions les plus fondamentales qui soient : oui, on peut se battre à deux dans des chiottes.